17. juillet 2026
La vitrine des souvenirs
Gribouillages et papiers mâchés
Les cris d'enfants dans le vent
Et les bonbons sucrés sucés
Dans le silence de la cour des grands
je cherche
le regard des enfants
et le temps qui se perd
et les cœurs à tout rompre
qui battent chamade et campagne,
entre deux charades
1 2 3 soleil
Les princesses ne veulent plus se marier avec le fils du roi
si bien né si bien coiffé
Elles ne rêvent plus de cathédrales ni de châteaux ni d'argent
Elles crèvent à l'usine,
emballent les salades et les pommes
et pleurent dans leur cuisine
un oignon à la main
Dans la cour des grands
je cherche
le rire des enfants
aux joues rouges aux yeux pétillants
qui courent et s'amusent
et crient et chahutent,
volent un baiser et font tourner les billes, comme leurs pères font tourner les billets de banque,
papier gâché
jongleurs malgré eux,
équilibristes du budget,
les funambules du supermarché, qui glissent, légers, dans les airs, sans avoir l'air d'y toucher, évitent les gondoles mais surveillent le chéquier
Dans la cour des grands,
je déambule somnambule
et me perds,
ne trouve pas les enfants
et les rires et les chants
Vertiges et misères
Seule au milieu du monde
J'ai cherché les enfants d'autrefois,
rieurs et frimeurs,
même un peu bagarreurs parfois,
Les enfants,
les sacs de billes,
envolés
disparus
Ne sont plus là
À leur place,
dégoulinants,
les grands les sachants,
bien nourris
bien pensant
avides amorphes aux poches pleines,
le coeur vide,
désert fumant terre aride
Stérile
Où sont les enfants
Rieurs et charmeurs,
les gracieux et les drôles d'autrefois,
Les enfants d’avant le temps des grands
perdus déjà dans les bois,
fuyant,
de lianes en lianes
un monde devenu géant,
ogre affamé qui engloutit la Tendresse de l’enfant
Inexorablement
AnNa Maure-Foz 04/24